mardi 2 juillet 2013

MISE EN GARDE DES POPULATIONS DE CAMBERENE A L’ONAS: «Nous sommes prêts à laisser notre vie pour que la parole de notre guide soit respectée»

 FOCUS »
Publié il y a 18 jours de cela
Suite  à la sortie de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) à travers les médias annonçant le démarrage des travaux de réhabilitation de la canalisation de la station d’épuration de Cambéréne, malgré l’interdiction du Khalife général des layènes, la réaction des population ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration, le Comité d’initiative pour la défense de l’environnement de Cambéréne (Cidec), qui fustige la  «stratégie du pourrissement», adoptée par l’Onas dans ce dossier prévient que «les populations sont prêtes à laisser leur vie pour que la parole de leur guide soit respectée».«Les populations (ndlr-Cambérène) sont prêtes à laisser leur vie pour que la parole de leur guide soit respectée». C’est le Comité d’initiative pour la défense de l’environnement de Cambéréne (Cidec) qui met ainsi en garde l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) contre le démarrage des travaux de réhabilitation de la canalisation de la station d’épuration de Cambérène (Step), nonobstant l’interdiction du Khalife général des layènes. A travers une déclaration, le Cidec précise qu’il «est seul et demeure la seule et unique structure habilitée à parler des problèmes de cette canalisation au nom des populations. Par conséquent, il tient l’Onas pour responsable de tout débordement qui résulterait de cette tentative de fouler du pied la décision du Khalife».

Selon la même source, le chef de l’Etat aurait lui-même accepté d’enlever sans délai la dite canalisation d’un commun accord avec le Khalife Général des layènes, au lendemain de sa visite, le jeudi 23 février. Mais depuis que cette décision a été prise, «on n’a pas pris langue avec la communauté pour discuter des modalités de son opérationnalisation », déplore-t-il.  C’est pourquoi le Cidec se demande alors sur quelles bases «l’Onas ose faire à Cambéréne ce qu’il n’ose faire dans aucune capitale religieuse du pays au moment où les autres capitales religieuses sont traitées royalement avec une volonté manifeste de polluer la sainte cité du Mahdi».

La tention, déjà palpable depuis juillet et octobre 2011, au moment où les eaux de la Step de Cambérène avaient envahi l’autoroute, est à son comble aujourd’hui du coté des layènes. A en croire le selon le Cidec, l’Onas a opté pour «une stratégie du pourrissement en vue de faire en sorte que les eaux usées envahissent Cambéréne afin d’excéder les populations». En atteste, « depuis plusieurs années il déverse en catimini et en toute violation des Codes de l’environnement, de l’hygiène et de l’eau, le surplus non traité dans les parcelles maraîchères environnantes appartenant aux populations de Cambéréne tout en le cachant à l’opinion, contribuant par la même occasion à l’accroissement de leur paupérisation».

De même,  à l’époque, l’office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) avait déversé clandestinement les eaux usées sur la cuvette du technopole, «entraînant la pollution du puits sacré et le déracinement du baobab mythique de Ndingala, un des lieux de culte de premier plan de la communauté layène».  Suffisant pour que le comité, après avoir consulté les autorités religieuses, mette en garde l’Onas qui «semble oublier que le civisme commence d’abord par le respect des engagements pris par l’Etat du Sénégal depuis 2000». Mieux, «la décision du Khalife ne peut faire l’objet d’aucune discussion encore moins de négociation et toute garantie donnée à l’Onas par des personnes non habilitées sera nulle d’effet», considèrent ils.

Le Cidec rappelle que la station d’épuration paramétrée à 200 000 Equivalant par habitants, n’a jamais pu gérer le volume des rejets des 26 stations de pompage qui y sont connectées et localisées dans toute l’agglomération dakaroise. Cette situation irrite la population de Cambéréne qui en a assez de recevoir les eaux usées des autres.  Autant de manquements qui poussent la communauté layène à convoquer le protocole de 2000. «Le Khalife Général des layènes a déjà montré la voie en demandant à l’Etat de retirer purement et simplement la canalisation de la terre bénie de Cambéréne ou repose le vénéré Seydina Issa Rohou Lahi conformément au protocole de 2000. Tout acte contraire de la part de l’Onas et des différents services de l’Etat impliqués dans le fonctionnement de la station d’épuration sera considéré comme  un manque de respect de la parole du khalife et une provocation qui recevront une riposte appropriée», déclare le Cidec à l’opinion nationale et internationale. 
Par Aïcha Nougah SENE

lundi 1 juillet 2013

Sénégal : un nouveau président pour la RADDHO, en remplaçant Alioune Tine


Alione Tine,Photo-archive d'Alakhbar
Alione Tine,Photo-archive d'Alakhbar
Alakhbar(Nouakchott)- Aboubacry Mbodji a été élu secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO), en remplacement d'Alioune Tine.

Mbodji était membre fondateur du comité d'initiative mis en place en 1988-1989, qui a été à l'origine de la création de la RADDHO,. Il est philosophe-anthropologue de formation. 


Tine, qui a dirigé la RADDHO pendant plusieurs années, a été nommé président du Comité sénégalais des droits de l'homme (CSDH), en février dernier. Le CSDH est placé sous la tutelle du gouvernement sénégalais. Il a été créé en avril 1970. 

Sénégal: Des lobbies ont monté des groupes de presse pour préserver leurs intérêts (SG SYNPICS) Ibrahima Khaliloulah Ndiaye SG SYNPICS (Sénégal)


Ibrahima Khaliloulah Ndiaye SG SYNPICS (Sénégal)
ALAKHBAR (Nouakchott)- Il y a des lobbies qui ont monté des groupes de presse au Sénégal, rien que pour préserver leurs intérêts, a révélé le Secrétaire général national du Syndicat des Professionnels de l’information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS). 

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye a ajouté, dans cette interview accordée à Alakhbar, mardi 25 juin courant à Nouakchott : « Nous pensons qu’il y a eu, jusqu’à une époque récente, un octroi abusif de licences de presse» au Sénégal. 

ALAKHBAR: Quelles sont les difficultés de la presse sénégalaises ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: La presse sénégalaise, comme toute presse, vit des difficultés variées et différentes d’un organe de presse à un autre. Ce qui veut dire que si on prend la presse publique, elle est différente de celle privée. Dans le privé également,  il y a des distorsions qui s’expliquent par la durée, le sérieux ou par l’implantation des organes.

En effet, depuis plus d’une année, depuis la survenue de la deuxième alternance, on a noté la fermeture d’organes de presse, comme Canal Info News et Africa 7, des organes qui ne parviennent pas à honorer les charges salariales de leurs employés ou qui licencient des travailleurs.

Même là où il y a une lueur dans le domaine public, il y a souvent des retards de salaires.

Cela dit, je pense que fondamentalement la situation est liée à l’environnement économique, mais surtout à la création des entreprises de presse. La  presse vit de la publicité, alors que le marché économique n’est pas grand. Il faudrait que l’on puisse avoir un marché très conséquent et des publicités régulières. Pour cela, il faudrait que le journal, la radio ou la télévision puisse asseoir une crédibilité qui ferait que les annonceurs puissent lui faire confiance. Maintenant, le marché étant étroit et le nombre d’entreprises de presse très élastique, il y a une question qui se pose: Où est ce que ces entreprises pourront trouver leur salut ?

ALAKHBAR: Pourtant, la publicité passe en boucle sur certaines télés sénégalaises.

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: La publicité passe sur certaines télés, mais pendant combien de temps encore ? Comment ceux qui n’ont pas de revenus publicitaires pourront-ils s’en sortir ? Ça nous ramène à la question fondamentale de la création des entreprises de presse et à s’interroger sur le souci qui guide ceux qui se lancent dans cette aventure, parce que nous pensons qu’il y a eu, jusqu’à une époque récente, un octroi abusif de licences de presse.

Étant entendu que le régime de la presse écrite est très libre au Sénégal, on peut lancer son journal sans autorisation préalable. Mais, par rapport à la radio et à la télé, qui constituent des supports lourds, le drame c’est quand on ne respecte pas les cahiers de charge pour avoir des licences. Quand on leur octroie ces licences, c’est qu’ils peuvent avoir tendance à se lancer dans des calculs ou à la préservation d’intérêts inavoués.

ALAKHBAR: Voulez-vous dire que des  médias sénégalais ont été créés en dehors des objectifs professionnels ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: C’est là où je remets le doigt. Il y a des lobbies qui ont monté des groupes de presse, rien que pour préserver leurs intérêts. 

On ne peut pas daigner à quelqu’un qui a la volonté de se lancer dans une entreprise de presse de la faire. Mais, il faudrait quand même un respect des cahiers de charge, que les gens soient soumis aux rigueurs de la loi, et qu’ils ne puissent pas, du jour au lendemain, créer une entreprise de presse et la fermer parce qu’elle ne fait pas de profit ou qu’elle ne répond plus à leurs attentes.

ALAKHBAR: Quelles sont alors les violations les plus remarquées des cahiers de charge?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: Les violations les plus remarquées c’est qu’on puisse octroyer, par la plus haute autorité du pays, une licence sans pour autant que celui qui demande ne fasse pas le circuit nécessaire. Si l’entrepreneur va directement voir l’autorité politique suprême, et qu’elle se voit délivré une licence, c’est là le comble de la violation.

ALAKHBAR : D’autre part, on assiste au Sénégal à une forte transhumance des journalistes depuis la libéralisation de l’audiovisuel. Peut-on parler là de concurrence déloyale ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: On ne peut pas parler de concurrence déloyale. C’est la règle du marché. En fait, je ne vois pas de mal que les gens puissent faire leur mercato, comme on dit, qu’ils puissent aller d’un organe à un autre. C’est à la libre appréciation de tout un chacun. L’essentiel que ces journalistes puissent en tout lieu garder leur professionnalisme.
Mais, je pense qu’il ne faut pas être obnubilé par la ponctualité ou par le gain facile.

ALAKHBAR: Pensez-vous que la presse écrite sénégalaise est en perte de vitesse  avec la libéralisation de l’audiovisuel ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: La plus grande concurrence provient des sites d’information qui pompent les articles qui les reprennent sans avoir déboursé rien du tout. Avec l’Internet, les gens se connectent, et ils n’ont plus le besoin d’acheter un journal.

Quant aux télés et radios, elles sont des médias comme les autres, des supports comme la presse écrite, et le travail que fait la presse écrite n’est pas forcément celui de l’audiovisuel.

Maintenant, la vitesse de l’internet ne veut pas dire que le support papier n’a plus son importance. C’est vrai que le papier est en perte de vitesse, mais ça ne veut pas dire que c’est sa mort immédiate.

ALKHBAR: Il existe déjà un cadre juridique pour la presse en ligne en Mauritanie. Qu’en est-il du Sénégal ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: Il y a un projet de code de la presse que nous voulons faire passer. Il ne laissera pas en rade la presse numérique. Il faut aussi mettre les gens devant leur responsabilité; s’ils veulent être des sites d’information véritablement qu’ils aient des journalistes en ligne.

ALAKHBAR : Quelle est la situation de la liberté de la presse au Sénégal ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: La presse, elle est libre au Sénégal. Le Sénégal est un pays qui a une presse depuis plus de deux siècles. C’est un legs colonial depuis le temps des Français. Et on parle de la dépénalisation des délits de presse qui est d’ailleurs effective en Mauritanie. Au Sénégal, c’est un peu la pierre angulaire par rapport au code de la presse que les gens résument en ça mais qui dépasse ça. En tout cas, nous estimons que dans une démocratie, comme le Sénégal, la place d’un journaliste ne devrait pas être en prison.

ALAKHBAR: Le directeur de publication du quotidien «24 Heures-Chrono» a été toutefois emprisonné.

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: Oui. Ça c’était du temps de Wade la dépénalisation c’est une question devenue récurrente, mais ça ne veut pas dire  que les journalistes peuvent faire tout ce  qu’ils veulent par ce qu’on a dépénalisé les délits de presse. Nous pensons non. En tout cas notre crédo notre devise c’est que la liberté ne va pas sans la responsabilité. Il faut que les journalistes soient responsables.

ALAKHBAR : La presse a rapporté que l’Etat sénégalais allait fermer une entreprise de presse.

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: Je pense que c’est une fausse perception. Les gens mettent l’accent sur le groupe Walfadjri qui allait fermer du jour au lendemain. Mais je pense que c’est un problème de fiscalité. Le patron de ce groupe (Sidi Lamine Niasse) a fait prévaloir l’idée d’amnistie fiscale dont il aurait bénéficiée, lui et un nombre de ses confrères, de la part du régime de Abdoulaye Wade (ex-président sénégalais). Mais l’amnistie fiscale doit être ponctuelle, elle ne peut pas être valable tout le temps et en tout lieu.
Je ne pense pas qu’aujourd’hui l’Etat ait les moyens de fermer un organe de presse si les conditions de fermeture n’obéissent pas à la loi.

ALAKHBAR: Y a-t-il une collaboration entre le SYNPICS et le SJM (Syndicat des Journalistes Mauritaniens) ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: Nous sommes membres de la FIJ (Fédération internationale des journalistes) et également de la FAJ (Fédération africaine des journalistes). Nous allons aussi trouver des passerelles pour essayer de fructifier ce qui existe, la base, voir les chantiers  que nous pouvons élaborer ensemble et faire en sorte que la cause des journalistes sénégalais comme mauritaniens puissent être entendus dans un territoire comme dans l’autre.

ALAKHBAR : Comment  appréciez-vous le traitement de l’actualité mauritanienne par les médias sénégalais ?

Ibrahima Khaliloulah Ndiaye: Même si la Mauritanie est un pays frontalier du Sénégal et, de part et d’autre, on retrouve une forte diaspora des deux pays, ce traitement n’est pas toujours vigoureux. Cela provient du fait que certainement les journaux sénégalais n’ont pas souvent de correspondant en Mauritanie, et ils ne mettent le focus sur ce pays que lorsque des citoyens sénégalais sont dans des difficultés ou victimes de quelques autres abus. C’est donc des bribes d’informations qui les parviennent.

Je pense qu’entre les deux pays de grands journaux devraient avoir un correspondant de part et d’autre. Je prends l’exemple d’un journal comme Le Soleil qui, avec son ambition sous-régionale, devrait, à défaut d’avoir un correspondant permanant en Mauritanie, pouvoir envoyer des missions régulières de journalistes pour faire des reportages.

Je pense que la Mauritanie, qui est toute proche toute voisine mérite qu’on s’intéresse à ce qui s’y fait de bien. Je suis persuadé qu’il y a une mine d’informations en Mauritanie pour les Sénégalais tout comme une mine d’informations au Sénégal pour les Mauritaniens.

JOURNEE MONDIALE Tous aux toilettes Malick NDAW | 19/11/2012 | 00H40 GMT

JOURNEE MONDIALE
Tous aux toilettes
Malick NDAW | 19/11/2012 | 00H40 GMT
 
Au Sénégal, les femmes et les filles qui n'ont pas accès à des toilettes passent chaque année 192 millions d'heures à chercher un endroit approprié dans la nature, d'après les statistiques publiées dans une note d'information de l'ONG WaterAid. Ce 19 novembre 2012 est célébrée la Journée mondiale des toilettes dont l'objectif dépasse ce lieu d'aisance et pose plutôt la question de l'hygiène publique.
 
Ce lundi 19 novembre 2012, aucune femme ni aucune fille ne devrait chercher un endroit dans la nature pour aller aux toilettes. C'est la Journée mondiale des toilettes ou World Toilet Day qui est célébrée chaque année, depuis 2001, le 19 novembre, dans le but de promouvoir des toilettes propres dans chacun des pays représentés. En Europe, les toilettes sont devenues une pièce à vivre comme les autres.

Raffinées, agréables et confortables, certains aiment y lire au calme, d'autres y consulter leurs courriels et d'autre encore y faire leurs mots croisés. Si cela peut prêter à sourire, il n'y a pourtant rien de plus sérieux pour les 2.9 millions de femmes et de filles au Sénégal qui n'ont pas accès à un assainissement salubre et sûr, et parmi elles 1 million qui n'ont aucun accès à des toilettes soient 48% des femmes, selon l'ONG WaterAid. C'est la seule grande organisation caritative Britannique dont l'objectif est d'approvisionner en eau potable et en systèmes d'assainissement les populations les plus défavorisées à travers le monde tout en menant une politique de promotion de l'hygiène.

Le manque d'hygiène a de graves conséquences pour la santé et chaque année, environ 2 000 mères au Sénégal perdraient un enfant à cause de la diarrhée provoquée par le manque d'accès à l'assainissement et à l'eau potable.
Par ailleurs, une enquête commandée par WaterAid sur les femmes dans cinq bidonvilles de Lagos, au Nigeria, indique qu'une femme sur cinq a été - ou a connaissance d'une femme qui a été - verbalement harcelée et intimidée, ou a été menacée ou physiquement agressée au cours des douze derniers mois, alors qu'elle allait aux toilettes. Dans d'autres pays africains, des témoignages indiquent que ce problème pourrait avoir une importance beaucoup plus grande.

Certes « Les femmes n'aiment pas en parler ou ont de la réticence à se plaindre, mais le monde ne peut pas continuer à ignorer leur situation », indique Mme Marianne Dem, Directrice Régionale de WaterAid en Afrique de l'Ouest, dans une note d'information. Aussi, la Journée Mondiale des toilettes est-elle l'occasion pour WaterAid de « répondre à l'appel de centaines d'organisations dans le monde entier pour demander aux gouvernements de tenir leurs promesses et de permettre aux populations les plus défavorisées du monde d'accéder à l'assainissement et à l'eau potable. » Un droit pour chaque habitant de la planète.

783 millions de personnes vivraient sans accès à l'eau potable soit environ une personne sur huit au niveau mondial et 2,5 milliards d'êtres humains vivent sans assainissement, soit 39% de la population mondiale.
Au-delà du lieu d'aisance… proprement dit, l'objectif de cette journée est de sensibiliser le grand public sur les questions d'hygiène à l'échelle planétaire.

Sénégal-Assainissement : Alioune Badara Diop, le nouveau Dg de l’Onas promet ‘’une réduction sensible des méfaits des inondations.’’


Nouvellement installé à la tête de l’Office National de l'Assainissement du Sénégal (ONAS), Alioune Badara Diop se dit préoccupé par ‘’l’épineuse équation de l’assainissement au Sénégal’’. 

Lors d’une rencontre avec la presse, ce samedi, il a dessiné les contours de son plan d’action, marqué pour une volonté manifeste de réduire ‘’la détresse que provoquent les inondations, chaque année’’. 

‘’Nous ferons tout être à la hauteur de notre nouvelle mission et faire en sorte qu’au bilan du mandat du président Macky Sall, la question de l’assainissement soit en grande partie résolue sur l’étendu du territoire’’, a dit M. Diop. 

Pour lui, ‘’Saint-Louis a un réseau d’eau pluviale très défectueux’’. Dès lors, il promet de ‘’s’atteler à résoudre cette question qui existe aussi dans d’autres localités du pays pour une réduction sensible des méfaits des inondations’’. 

‘’A la suite des inondations que le peuple subit depuis quelques années, le président de la république a ms en place un programme d’urgence de 30 milliards de FCFA. L’Onas a 6 mois pour le réaliser’’, a-t-il ajouté en précisant que son action vise à redynamiser son institution en s’appuyant sur le programme ‘’Yonu Yokkuté’’, lancé par le président Macky Sall. 

ANALYSE DES IMPACTS SANITAIRES LIES AU DEVERSEMENT DES EAUX USEES A CAMBERENE: DES FAITS D’UNE CONCORDANCE IRREFUTABL


Pour donner un poids significatif aux arguments développés par les populations de Cambérène, il est clair, qu’il fallait pour le comité essayer de mesurer tout ou partie des incidences sanitaires liées directement ou indirectement aux déversement des eaux usées sur la plage de Cambérène.
La première solution préconisée fut d’aller recueillir les données officielles auprès des autorités sanitaires du village de Cambérène et des structures sanitaires environnantes. Là, malgré le fait que l’accès à l’information soit garantie dans la Constitution, puis confirmé par la loi de 2006 sur l’accès aux documents administratifs, c’est pratiquement une omerta qui a été décrétée comme pour montrer qu’il y avait réellement des choses qu’on voulait cacher à l’opinion publique.
Pour contourner une telle situation, le comité a décidé d’utiliser les compétences internes pour effectuer ses propres recherches en vue de mesurer lui-même en utilisant des méthodes de recherche scientifique, les impacts du déversement des usées sur la plage.
Approche méthodologique
Pour disposer de données scientifiquement exploitables, la seule alternative qui s’offrait au comité était de recourir à des enquêtes de terrain en allant interroger directement les populations. Pour se faire, la commission scientifique a mis en place un groupe de travail composé de personnes ressources qui n’appartiennent pas au comité, mais dont les compétences ne souffrent d’aucune contestation. Ainsi, le groupe a élaboré des termes de références pour la conduite desdites enquêtes et proposé de recourir aux étudiants en vacances pour la conduite des travaux de terrain.
Par conséquent, compte tenu des objectifs assignés au groupe de travail, une démarche d’enquête a été élaborée et consistait tout d’abord à définir la base de sondage, la taille de l’échantillon et le questionnaire à utiliser.
C’est ainsi que tenant compte des dernières estimations démographiques de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), il a été retenu d’effectuer un sondage au niveau de 107 ménages mais selon la méthode des choix raisonnés pour avoir un échantillon représentatif de tous les quartiers de la commune d’arrondissement de Cambérène. L’enquête consistait pour chaque ménage à rencontrer le chef de ménage ou la personne désignée qui disposait d’une connaissance suffisante de l’histoire et l’évolution du ménage au cours des dernières années.
Après la désignation d’un coordonnateur, les équipes ont été envoyées sur le terrain pour une durée d’une semaine au bout de laquelle, les questionnaires ont été collectés, triés et classées avant traitement.
Dans le but d’en faciliter l’analyse, il a été fait recours au logiciel de traitement statistique Sphynx  et de concevoir un masque de saisie pour procéder à l’enregistrement des données recueillies et sortir des tableaux et graphiques qui permettront des analyses individuelles et croisées.
Résultats de l’enquête
L’analyse des données recueillies a tourné autour des cinq grands points suivants :
-Maladies les plus fréquentes -Analyse croisée de la répartition spatiale des maladies liées à l’assainissement -Causes des maladies selon les ménages -Cibles les plus touchées par les maladies -Place de l’assainissement dans les problèmes de la CA
Maladies les plus fréquentes à Cambérène
Il ressort des informations fournies par les populations que outre le paludisme avec % des citations, viennent ensuite à égalité, les diarrhées et les dermatoses avec %, suivies des infections respiratoires aigues avec %.
Même avec respectivement  % et %, des maladies comme la tuberculose et l’asthme demeurent à un niveau plus que préoccupant.
L’analyse de ces résultats montre nettement que la situation sanitaire de Cambérène reste fortement marquée par les maladies liées directement ou indirectement à une situation d’insalubrité. Si on fait le lien avec les analyses biologiques effectuées par le comité, on se rend compte d’une forte présence de germes pathogènes comme le Escherchia Coli, les Enterocoques et les Salmonelles dans les eaux de baignade. Par conséquent, il n’est pas surprenant que le taux de prévalence des dermatoses et des diarrhées soit élevé à Cambérène. Cette situation est donc à lier directement au déversement des eaux usées, compte tenu du fait que Cambérène est une zone de baignade autorisée.
En outre, l’importance de maladies comme les infections respiratoires aigues et l’asthme est à lier à la présence régulière des mauvaises odeurs consécutives aux lâchers d’eau by pass du fait de l’absence d’une bonne partie des eaux reçues à la station d’épuration de Cambérène.
Maladies ciblées
Nbre citat°


Fréq.
Paludisme
52
31,63%
Diarrhées
38
17,85%
Tuberculose
15
7,65%
Asthme
11
5,61%
Dermatoses
35
17,85%
Infections respiratoires aiguës
30
15,30%
Diabète
5
2,55%
Autres à préciser
3
1,53%
TOTAL
189

 Analyse croisée de la répartition des maladies liées à l'assainissement
Localisation  
Diarrhées
Tuberculose
Asthme
Dermatoses
IRA
Quartiers plage
24
11
6
23
23
Quartiers intérieur
14
4
5
12
7
TOTAL
38
15
11
35
30


Causes des maladies selon les ménages interrogés
Causes identifiées
Nbr Citat°
Fréq.
Insalubrité
51
47,70%
Manque d'assainissement
56
52,30%
Déversement eaux usées ONAS
60
56,10%
Changement climatique
Autres à préciser
Sans réponse
1
0,90%
TOTAL
168

 Cibles les plus touchées selon les ménages
Personnes les plus touchées
Nbre citat°
Freq.
Enfants
84
78,50%
Adultes
17
16%
Vieux
6
6%
TOTAL
107

 PROBLEMES DE LA CA SELON LES MENAGES
Problème
Nbre Citat°
Fréq.
Etroitesse des rues
47
43,90%
Assainissement
69
64,50%
Santé
23
21,50%
Evacuation des ordures ménagères
23
21,50%
Conflits fonciers
5
4,70%
Chômage
29
27,10%
Autres
TOTAL
107

LA DÉLOCALISATION DU CENTRE D’ÉPURATION DE CAMBÉRÈNE EXIGÉE PAR LE CIDEC : Une bombe écologique qui menace les Parcelles, Pikine et Guédiaway

Les habitants de Cambérène sont décidés à s'opposer farouchement au projet d’élargissement de l'émissaire en mer dans leur localité. Au-delà des protestations qui durent depuis quelques années, le Comité d'initiative pour la défense de l'environnement de Cambérène (Cidec) a commandité une étude menée par une équipe pluridisciplinaire, dont les résultats ont été restitués hier dimanche, pour pouvoir apporter des arguments scientifiques et techniques motivant sa lutte pour la délocalisation de la Station d’épuration de Cambérène. 

D’innombrables dommages écologiques, sanitaires et économiques Pour ce comité qui bénéficie de la légitimité des autorités locales présentes à la conférence, la Station d'épuration de Cambérène (Step) constitue à l'état actuel la bombe écologique de Dakar qui peut exploser à tout moment. Il explique que les pannes au niveau de la Step ont créé une inondation de la Nationale 1 et de l’autoroute à péage pendant l’hivernage 2011, «les rejets sauvages de l’Onas, dans les Niayes pour pallier la baisse de l’évacuation par l’émissaire en mer participent à l’agression de (l)’environnement avec des conséquences écologiques irréversibles. La contamination des lacs situés dans la zone ont fini de provoquer une perte importante de biodiversité ; la mortalité des cocotiers est un fait révélateur du caractère dévastateur des eaux usées». Les conséquences sont énormes : pertes de champs dont les propriétaires n’ont pas été dédommagés, mais aussi d’une zone de pêche continentale. Pis selon l'océanographe Mamadou Faye qui a insisté sur le non traitement des eaux en pointant du doigt l'Onas dont dépend le Step, une menace permanente plane sur les habitants des Parcelles assainies, Patte d’Oie, Soprim, Impôts et Domaines, Guédiawaye, Pikine, Golf, Maristes, Dalifort et Yarakh, de même que les infrastructures routières. Pour sa part, Libasse Hanne le chargé de communication du Cidec pense qu’«à l'état actuel du développement de la science, c'est même une honte pour le Sénégal de jeter les eaux usées dans la mer au moment où les horticulteurs et les techniciens du Btp en ont besoin». 

Diarrhées, dermatoses et infections respiratoires sévissent à Cambérène N'excluant pas la possibilité de traduire l'Etat du Sénégal devant la justice; le Cidec s'appuie sur des arguments scientifiques, juridiques et culturels en conformité avec le code de l'environnement pour légitimer son combat. «Pourquoi Cambérène et non des zones non encore habitées. Pourquoi l’Etat ne veut pas tenir compte du statut de capitale religieuse de la communauté layène ?» s’interroge le Cidec qui regrettant qu’«on veut transformer un paisible village religieux, capitale de la communauté layène de surcroît, en dépotoir des eaux usées de tout Dakar», bat en brèche les arguments pour «faire croire que Cambérène est la solution pour régler les problèmes d’assainissement de la région de Dakar». Cela, dit-il, «relève de la désinformation car n’étant basée sur aucune argumentation scientifique». Le document du Cidec explique que «sur le plan geomorphologique, le littoral nord se trouve sur une pente ascendante qui fait que malgré une courantologie plus que dynamique, tous les courants marins convergent vers le rivage (…) C’est pourquoi contrairement à la petite côte, tout objet flottant finira forcément sa course sur la place, l’effet Archimède aidant». Et des analyses faites, il ressort qu’à 500m autour du tuyau, les taux de résidus secs sont très élevés, la pollution de l’eau très importante avec une demande chimique en oxygène (Dco) de 80, soit 28 à 50 fois la norme. Il est noté que «la présence des salmonelles, germes extrêmement pathogènes dans les eaux de rejet en mer présente un risque pour les baignades», mais aussi que «la présence de nitrates NH4+ dans les eaux de rejet en mer et dans les champs indique une pollution nette des eaux». 

78,5% des victimes des maladies liées aux eaux usées sont des enfants Pis, «des taux élevés de flore aérobie mésophile (de 3 à 15 fois plus que la norme), de coliformes thermo tolérants, de staphylocoques pathogènes et de streptocoques pathogènes dans les eaux en aval et en amont du puits de Ndingala (lieu de pèlerinage des layène dont l’eau est très convoitée)». Au vu de tous ces résultats, le Cidic estime qu’«il n’est pas surprenant que le taux de prévalence des dermatoses et des diarrhées soit élevé à Cambérène. Cette situation est donc à lier directement au déversement des eaux usées, compte tenu du fait que Cambérène est une zone de baignade autorisée. En outre, l’importance de maladies comme les infections respiratoires aigues et l’asthme est à lier à la présence régulière des mauvaises odeurs consécutives aux lachages d’eau ‘by pass’ du fait de l’absence de traitement d’une bonne partie des eaux reçues à la station d’épuration de Cambérène». En effet, indique l’étude outre le paludisme (31,63%), viennent les diarrhées et dermatoses (17,85%) suivies des infections respiratoires (15,30%). Les enfants avec 78,5% des victimes sont les plus touchés contre 16% pour les adultes et 6% de personnes âgées.

Près de 30 ans de lutte contre l’émissaire
Une lutte qui, dans la genèse faite de l’histoire de l’émissaire, date des années 84-85 quand feu Seydina Issa Laye II a refusé catégoriquement la construction de la station d’épuration pour évacuer les eaux usées sur Cambérène, village religieux dans lequel, son fondateur Seydina Issa Rouhoula Lahi, avait imposé des règles d’hygiène strictes (nettoiement obligatoire et interdiction de déverser des eaux usées et ordures dans les rues) qui faisaient que les gens s’y déplaçaient pieds nus. Quand après son rappel à Dieu les autorités ont relancé le projet, «les jeunes du village surexcités» avaient détruit les tuyaux en fibro-ciment qui devaient servir d’émissaire. Ce n’est qu’après d’âpres négociations qu’un accord a été trouvé, l’Etat s’engageant à reconstruire toute démolition pendant les travaux, à poser la conduite à 300 m du rivage et la priorisation des populations dans les recrutements. Des engagements non tenus, selon le document du Cidec. Pis «devant l’incapacité du technicien de l’époque à faire entrer la canalisation en mer, le tuyau fut laissé sur la plage (…) les autorités (…) méprisant royalement le désastre écologique qu’elles venaient de perpétrer». Cette station qui était paramétrée pour 100 000 habitants montra rapidement ses limites, rappelle le Cidec, avec l’explosion de la canalisation en octobre 2000 suite à son obstruction par les boues résiduelles et l’inondation de beaucoup de maisons dans le village. Mécontentes, les populations bouchent le tuyau à l’entrée du village créant ainsi un refoulement dans beaucoup de quartiers de Dakar. L’Etat opta alors pour la répression avec les sanglants affrontements du jeudi 19 octobre 2000 avant qu’un accord ne soit trouvé par «la réalisation d’un émissaire en mer à près de 300m» et «la réouverture du tuyau jusqu’en novembre 2001 pour permettre au gouvernement de trouver, avant cette date, une solution pour mettre un terme au déversement des eaux usées à la plage de Cambérène». L’Etat devait aussi équiper les structures sanitaires de la localité de matériels et médicaments pour lutter contre les infections. Pis le comité de suivi mis en place sous la coordination du ministère de tutelle n’a jamais fonctionné. Et 9 ans après, «en janvier 2010, contre toute attente, l’Etat annonçait en grande pompe un financement de l’Union européenne non plus pour mettre un terme au déversement comme le stipulait le protocole de 2000, mais plutôt pour agrandir l’émissaire et le porter à 1700m».
Mamadou Lamine CAMARA (Stagiaire) Publié le Lundi 12 janvier 2012